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Partager C’est le 15 juin que les petits éditeurs ont sortis leurs «Calibre».
Ce qui pourrait être le titre d’un bon polar, est le nom d’une plate-forme de distribution pour les petits éditeurs, mise en place par le Syndicat national de l’édition (SNE) et le Syndicat de la librairie française (SLF). Calibre est le fruit de réflexions menées, depuis 2003, par l’interprofession (éditeurs, libraires) autour des problèmes de diffusions des petits ou tout petits éditeurs, dont la taille, le niveau des ventes ou encore la faible rotation des stocks, ne leur permettent pas d’être distribués par les industriels du secteur et étaient donc ….auto distribués! Est-ce un pas de plus vers une certaine bibliodiversité ? Les regroupements réalisés par Calibre offrent des avantages immédiats tant aux éditeurs qu’aux points de vente. Par la diminution des frais fixes et la baisse des coûts variables unitaires, ils entraînent de véritables économies pour chacun des intervenants et permettent une plus grande souplesse dans la distribution des ouvrages. Le gain de temps important obtenu permettra à chacun de se consacrer davantage à son métier respectif : pour l’un, éditer et faire connaître sa production (Calibren’est pas diffuseur) pour l’autre, conseiller et orienter la clientèle vers une plus grande diversité d’ouvrages en connaissant mieux la petite édition. Ce qui devrait se traduire pour les uns et les autres par un développement des ventes. Créée officiellement le 12 janvier 2007, cette société est financée par une commission payée par les éditeurs et n’a pas d’objectif lucratif : après atteinte de l’équilibre financier, ses résultats seront affectés à la baisse de la commission de distribution et à l’amélioration du service.
Son financement au démarrage est assuré par les actionnaires et par une importante subvention de 200 000 € du Cercle de la librairie. Rémi Amar, directeur général, prévoit de travailler avec 50 à 60 éditeurs d’ici à la fin de l’année. Il fixe le point de rentabilité de Calibre à 250 000 volumes vendus par an : « Cela représente, en fonction de la taille des catalogues, 120 à 130 éditeurs. Je table sur deux ans maximum pour y arriver, sachant que l’objectif est de baisser la commission payée par les éditeurs. » Celle-ci a été fixée à 14 %, dont 3 % pris en charge par les libraires. Le principe de Calibre n’a pas bougé depuis sa conception : le regroupement des commandes, sans stockage. Le Centre d’exportation du livre français (Celf) assure la logistique. A signaler que le CELF, qui traite déjà 1 million de livres par an pour l’édition française à l’export, a légèrement modifié ses circuits pour accueillir Calibre. En réponse aux critiques formulées par nombre de petits éditeurs, Calibre entend apaiser les débats : « Nous devons être souples, sur l’exclusivité par exemple, affirme Rémi Amar. Des éditeurs souhaitent garder la gestion en direct de librairies de proximité, de musées, de syndicats d’initiative… C’est possible. Les commandes prises sur Dilicom peuvent être dirigées vers Calibre ou bien vers l’éditeur. » Tout est parfait dans le meileur des mondes ? A voir. Rappelons seulement que sur les camenberts de répartition, les droits d’auteur culminent (toujours!) aujourd’hui à 8 % du PPHT... Enfin, sans jouer les Cassandre, que l’idée de fédérer la distribution des éditeurs indépendants n'est pas nouvelle, et à même déja connue des ...échecs cuisants. Distique, fondé par Bernard de Fréminville en 1979, se présentait comme le distributeur agrégateur de la petite édition. En faillite dans les années 90, pour être repris en 2001 sous la dénomination Alterdis, à son tour en liquidation en 2003 ! Bernard de Fréminville est toujours PDG de Dilicom, si je ne m'abuse, quel est le fonctionnement entre ces deux structures? Souhaitons, trés sincèrement, aux petits éditeurs et à Calibre ... de pouvoir mieux se défendre en 2007.
Le PDF de présentation de Calibre et Le Power-point (de 2006) de Calibre.
Eric Durel pour Bibliofrance
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