2.- Le soutien au développement de la lecture publique : des expérimentations visant à encourager l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques par le recours au travail des étudiants, et plus généralement par la mutualisation des services des bibliothèques universitaires et des bibliothèques de lecture publique, seront lancées.
3.- La définition d’une économie numérique du livre : la création d’une offre légale de documents écrits sur Internet sera encouragée. Pour ce faire, la commission « politique numérique » instituée au sein du Centre national du livre favorisera la signature rapide d’un accord entre la Bibliothèque nationale de France et les éditeurs pour permettre l’accès, sur la plateforme "Europeana", aux textes contemporains sous droits.
Voyons le contenu donc de ces "trois priorités" autour desquelles le gouvernement entend organiser son action pour le livre et la lecture, "pour les français", pour qui "le livre est la première pratique culturelle" :
Première remarque d’ordre générale : on se réjouit de la continuité d’intérêt envers la librairie, mais concernant les deux autres priorités « lecture publique » et « économie numérique du livre » si vous attendiez des propositions d’envergures et/ou un tant soit peu innovantes… repassez plus tard.
La librairie : confirmation des annonces de septembre 2007 et mise en place du « rapport Gallimard » …
La lecture publique : … « Des expérimentations visant à encourager l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques par le recours au travail des étudiants… »
Les étudiants au secours de la lecture publique… on croit rêver : localiser, et donc limiter, les priorités, problématiques et enjeux de la lecture publique à un quantitatif d’heures d’ouvertures est consternant : si la question des horaires d’ouverture est sûrement très importante (19h en moyenne nationale) elle n’est qu’une résultante des moyens, humains et financiers, dont disposent les bibliothèques dont l’employeur est l’état ou les collectivités !
De plus, derrière ce chiffre se cache de très grandes disparités territoriales qui concerne moins les zones urbaines et universitaires mais plutôt les zones rurales !
De qui se moque-t-on ?
Quelle est la lecture qui a été faite, et donc l’utilité, de « Livres 2010 » , ce ne sont que les points 3 et 4 (horaires d’ouverture et Mutualisation des moyens entre bibliothèques municipales et bibliothèques universitaires) du rapport de Sophie Barluet qui ressortent ?
Exit :
- l’observatoire de la lecture
- la construction de bibliothèques dans les « maisons de services public »
- la loi sur les bibliothèques (à l’identique des monuments historiques (1913), des archives (1979) et des musées (2002)…
- Des dossiers concernant la réforme des statuts et la formation des bibliothécaires
- la démocratisation de l’accès au patrimoine
- l’évolution de nos structures face aux enjeux du numérique
- l’évolution et l’émergence de nouvelles pratiques et demandes des usagers face aux offres de la « lecture publique »,
Quant à la mutualisation des services des bibliothèques universitaires et des bibliothèques de lecture publique, l’intention est louable mais est-elle soluble dans avec la réforme des universités et le futur statut des collections des BU et SCD ?
Définition d’une économie numérique du livre : la création d’une offre légale de documents écrits sur Internet sera encouragée, pour ce faire, la commission « politique numérique » instituée au sein du Centre national du livre favorisera la signature rapide d’un accord entre la Bibliothèque nationale de France et les éditeurs pour permettre l’accès, sur la plateforme "Europeana", aux textes contemporains sous droits.
Il serait souhaitable, aussi, de reparler des offres « de librairies en ligne », de la non application de la loi Lang par les « majors » du secteur, du dépôt légal numérique, et la mise en place d’un « schéma directeur du numérique en bibliothèque » de « Livres 2010 » était plutôt une bonne idée ? Non ?
En clair, à l’heure où pointe un futur désengagement de l’état dans les BMC (voir aussi le communique de l'ADBGV) il faut, en résumé :
Faire plus de « politique d’état », avec « moins d’état » et surtout … « sans l’état » !
Quant aux travail des étudiants, nous proposons une piste au ministère de la culture : il existe sûrement de brillants étudiants qui seraient ravis de collaborer ("travailler plus pour gagner plus") au calcul des chiffres présentés dans l'arrété fixant le nombre d'usagers inscrits dans les bibliothèques : comparer les chiffres 2006 et 2007 sur le site KotKot...
Avec 6 586 406 usagers inscrits dans les bibliothèques publiques en 2007 contre ... 6 586 406 en 2006, la lecture publique française fait preuve d'une constance remarquable ! Avec de telle manière et une telle précision, pas de problème, si vous voulez les chiffres 2008 ... écrivez nous ... on les connait déja !
Durel Eric pour Bibliofrance