Orages de papier 1914-1918 : Les collections de guerre des bibliothèques
le 06-11-2008 17:31

Sections : Commémoration,

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ImageLe projet Orages de papier présente les collections de guerre de quatre grandes bibliothèques, quatre établissements représentatifs du phénomène de collecte dans ses variantes française et allemande pendant la Grande Guerre : Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (initiatrice du projet) La BNF,  la Bibliothek für Zeitgeschichte (Stuttgart - Allemagne) et la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (Paris-Nanterre)

Cette exposition, fruit d'un travail engagé entre ces quatre bibliothèques, témoigne avant toute chose d'une étroite coopération franco-allemande. A ce titre, l'exposition est entièrement bilingue et le catalogue qui l'accompagne sera édité en français et en allemand. Orages de papier voyagera, après Strasbourg, en Allemagne, en 2009, avant de revenir en France, en 2010 : Novembre 2008 : inauguration à StrasbourgMars 2009 : présentation à Stuttgart
2010 : présentation à Paris


Ce projet est né à l'occasion de la redécouverte, en 2003, d'un fonds majeur concernant la Première Guerre mondiale à la BNU : livres, journaux et revues, journaux de tranchées, affiches, tracts, écrits de propagande, tickets de rationnement, imagerie en constituent les points forts. Ce fonds, dont la constitution fut décidée par l'administration allemande de la bibliothèque, semble avoir été totalement délaissé après 1918, à l'exception des livres et journaux qui furent intégrés à l'ensemble des collections.

L'histoire en est la suivante : dès août 1914, à l'instar des grandes bibliothèques allemandes de l'époque, le directeur de la Kaiserliche Universitäts- und Landesbibliothek zu Strassburg (premier nom de la BNU) faisait paraître une note d'information stipulant que son établissement allait rassembler tous les documents imprimés que la guerre produirait, au moins sur le front ouest. Cette initiative n'était pas isolée en Allemagne, où il semble qu'on ait eu très tôt conscience du caractère totalement inédit du conflit et de la nécessité de le documenter le plus possible afin de fournir la matière nécessaire aux historiens futurs : en 1917, une étude recensait 217 établissements, publics ou privés, qui constituaient de semblables collections.

Naturellement, cette prise de conscience avait aussi touché la France, mais à la différence de l'Allemagne, il n'y eut pas de mouvement général dans les bibliothèques. Deux grandes institutions constituèrent des collections de guerre : la Bibliothèque Nationale et la Bibliothèque municipale de Lyon. Parmi les particuliers se détache bien sûr l'initiative du couple Leblanc, dont la collection, donnée à l'Etat en 1917, est à l'origine de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC).

Le cadre et le propos de l'exposition seront marqués par la nature même des documents.


Il ne s'agit pas d'une exposition générale sur la Première Guerre mondiale, mais sur le déluge médiatique que celle-ci a suscité. La Première Guerre mondiale est en effet la première guerre médiatique au sens moderne du terme : journaux, affiches, photographies, cinéma (employé pour la première fois au coeur d'un conflit) témoignent du lien que les médias entretiennent, que ce soit entre le front et l'arrière (photographie, cinéma), au sein du front (journaux de tranchées) ou du corps social (affiches destinées par exemple à stimuler les emprunts de guerre). Ces nouveaux médias suscitent aussi l'action (comme les tracts largués en masse depuis les avions dans le camp ennemi pour le démoraliser) et sont donc à ce titre partie prenante du conflit. Les Allemands ont eu ainsi le sentiment d'avoir été vaincus non par les armes, mais par ce que l'on n'appelait pas encore les médias : dès la fin de la guerre, on a développé outre-Rhin le concept du « feu roulant de papier » (le « papiernes Trommelfeuer ») qu'aurait constitué la propagande ennemie.

L'exposition trouvera ainsi son fil conducteur autour du point commun à tous ces documents en apparence hétéroclites : leur rapport à la notion de médiatisation. Car c'est aussi cette inflation, tout à fait inédite à l'époque, de l'écrit et de l'image au coeur de l'action qui justifie l'activité de collecte des bibliothèques et des particuliers. Tous les types de documents conservés au sein des collections de guerre témoignent de cette médiatisation nouvelle : la guerre se lit, s'écrit, se dessine, se voit comme jamais auparavant. L'exposition proposera donc un parcours qui fera découvrir, en même temps que les différents types de documents conservés dans les bibliothèques, leur utilisation au sein d'un conflit hautement médiatisé.


Image Bibliofrance.org





Pour en savoir plus

 


http://www.bnf.fr/pages/presse/dossiers/orages_papier.pdf

 

Exposition
du 12 novembre 2008 au 31 janvier 2009

Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg
Salle d'exposition
6, place de la République

Horaires d'ouverture
Lundi : 14h - 18h
Mardi-samedi : 10h - 18h
Fermé le dimanche
Entrée libre
Exposition bilingue français-allemand

 


Tags : Orages de papier, collections de guerre en bibliothèques, Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg, BNF, Bibliothek für Zeitgeschichte, Bibliothèque de documentation internationale contemporaine
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