|
Comme me le disait un collègue bibliothécaire à la sortie du film « : C’est un documentaire Capital… »…Les bibliothécaires et les vidéothécaires connaissent tous leurs grands classiques. En voila un de plus. J’attendais de voir ce film avec une curiosité sans aucun préjugé, et je me méfie des critiques… Et me voila en train de rédiger un article, non syndical, et justement pour conseiller au lecteur de Bibliofrance d’être bien à l’heure pour la séance la plus proche de chez eux ! Pourquoi ne pas rater ce film ?
Le sujet d’abord : « Le film donne à voir et à entendre les hommes et les femmes qui ont mené la grève ouvrière la plus emblématique de l'après 68, celle des usines LIP à Besançon. Un mouvement de lutte incroyable, qui a duré plusieurs années, mobilisé des foules entières en France et en Europe, multiplié les actions illégales sans céder à la tentation de la violence porté la démocratie directe et l'imagination à incandescence. Des récits entrecroisés, des portraits, une histoire collective, pour essayer de comprendre pourquoi cette grève porta l'espoir et les rêves de toute une génération. » Il en restera une maxime : « C'est possible, les LIP l'ont fait… »… L’époque ensuite : il fallait témoigner, et c’est pour cela que ce film, à mon sens, devra trouver sa place dans les documents de nos fonds, de cette époque charnière (nous sommes à la veille du chômage perçu comme phénomène structurel de notre société et un an avant le début des « chocs pétroliers ») où les mouvements sociaux de masse pouvaient co-exister avec une solidarité/réflexion nationale. L’histoire des « acteurs » de ce film, c’est celle de 329 jours de conflit (est-ce possible de nos jours ?), et surtout d’hommes et de femmes qui reprennent le travail reprend dans « leurs » entreprise. Comme le dit le synopsis du film : « C’est une victoire emblématique ». Claude Neuschwander, patron de Lip de 1974 à 1976, décrira l’après LIP avec ces mots : «c’est la mort du capitalisme d'entreprise et l'avènement du capitalisme financier». Le montage ensuite : Dans le monde du 20 mars 2007, Jacques Mandelbaum s’interroge en ces termes : « Par quel mystère un documentaire de forme archi-classique, mixte de têtes qui parlent et d'archives filmées, devient-il un film d'action palpitant, une épopée digne de John Ford, un plaisir de cinéma du samedi soir ?» Ce n'est pas un mystère, c'est tout simplement la magie de ce film, le thème est passionément humain, actuel et le réalisateur ....laisse la parole à ces hommes et à ces femmes. Ne nous y trompons pas, ce film n’est pas un film sur le syndicalisme en France en 1970, c’est un bien un documentaire « galvanisant, passionnant et salutaire sur l'un des mouvements sociaux les plus importants de la fin du XXè siècle », c’est aussi un fabuleux cours d’histoire contemporaine, d’une certaine histoire sociale de la France. Le CRDP ne s’y trompe pas en le signalant en ressources pédagogiques, notamment pour les thèmes suivants : « Conflits et mobilisation sociale » et « Inégalités et justice sociale » ainsi qu'en histoire pour l'après-Mai 68. Un vidéothécaire, de plus de 39 ans, non syndiqué, et qui à rejoint Bibliofrance. Si vous avez envie de lire la presse : Voir les articles parus, dans le Monde diplomatique, le Monde, Les cahiers du cinéma, Libération, Première, et Télérama, …(liste non exhaustive) Un dossier pédagogique est disponible sur demande. |