« Renforcer l’Europe grâce aux bibliothèques publiques » : un rapport du Conseil de l’UE

Ce rapport de 2026, publié par un groupe d’experts de l’Union européenne, analyse l’évolution des bibliothèques publiques en tant que piliers essentiels de la société moderne. Au-delà du simple prêt de livres, ces institutions fonctionnent désormais comme des espaces polyvalents favorisant l’apprentissage tout au long de la vie, la cohésion sociale et la résilience démocratique. Le document identifie dix défis sociétaux majeurs, tels que la fracture numérique et le développement durable, auxquels les bibliothèques apportent des solutions concrètes :

Le document identifie les dix défis sociétaux majeurs suivants, pour lesquels les bibliothèques publiques jouent un rôle crucial :

  • Améliorer l’apprentissage tout au long de la vie dans une société alphabétisée et qualifiée, afin de contrer le déclin des compétences en lecture.
  • Garantir l’accès à la culture et promouvoir un écosystème culturel riche et diversifié pour renforcer l’engagement civique et la cohésion.
  • Favoriser la cohésion sociale et bâtir des communautés en luttant contre l’isolement et en favorisant l’inclusion des groupes vulnérables.
  • Réduire la fracture numérique en offrant un accès aux technologies et des formations aux compétences numériques de base.
  • Renforcer la résilience et le fonctionnement de la démocratie en luttant contre la désinformation et en offrant des espaces neutres de débat.
  • Stimuler la compétitivité économique, le développement, l’emploi et la croissance grâce au soutien à la recherche d’emploi et à l’entrepreneuriat.
  • Contribuer à la durabilité environnementale en sensibilisant au changement climatique et en promouvant l’économie circulaire (ex: bibliothèques d’outils ou de semences).
  • Améliorer la santé et le bien-être par la diffusion d’informations fiables et l’organisation de programmes de soutien social (ex: bibliothérapeutique).
  • Soutenir le développement urbain et rural en agissant comme catalyseurs de régénération locale et en réduisant les disparités de services.
  • Renforcer la résilience face aux crises et aux catastrophes, les bibliothèques servant d’infrastructure sociale vitale lors de pandémies, de catastrophes naturelles ou de conflits.

Ce rapport est conçu pour servir de pont entre les décideurs politiques et les professionnels des bibliothèques, offrant à ces derniers des outils concrets pour structurer, légitimer et faire évoluer leurs services.
Voici les principales façons dont il peut servir aux professionnels :

1. Définition de l’identité et des missions professionnelles

Le rapport aide les professionnels à définir clairement la nature multifonctionnelle de leur métier. Il identifie sept rôles clés que les bibliothécaires assument pour répondre aux défis sociétaux actuels :

  • Bâtisseur de communauté, conteur, guide, facilitateur, protecteur, catalyseur et motivateur. Ces profils de compétences peuvent être utilisés pour actualiser les descriptions de postes et valoriser la valeur sociétale complexe du travail en bibliothèque.

2. Outil d’auto-évaluation et de planification (Annexe 1)

Les professionnels peuvent utiliser la matrice d’auto-évaluation fournie dans l’Annexe 1 pour situer leur bibliothèque sur une « trajectoire de croissance ». Cet outil permet :

  • D’évaluer le niveau de développement actuel (fondamental, intermédiaire ou avancé) dans des domaines tels que la vision stratégique, le financement, la main-d’œuvre et la maturité numérique.
  • D’identifier les forces et les lacunes pour planifier des étapes stratégiques concrètes.

3. Support au plaidoyer et à la légitimation

Le rapport fournit des arguments et des données probantes pour aider les professionnels à engager le dialogue avec leurs autorités locales ou nationales. Il permet de :

  • Passer de récits anecdotiques à une démonstration de l’impact basée sur des données pour justifier les besoins en ressources et en personnel.
  • Démontrer comment la bibliothèque contribue directement aux priorités politiques de l’UE (climat, démocratie, compétences numériques).

4. Guide pour l’innovation et le partage de bonnes pratiques

Les professionnels peuvent s’inspirer de plus de 100 exemples de bonnes pratiques collectés à travers l’Europe pour développer de nouveaux services (ex: bibliothèques de semences, programmes de santé, lutte contre la désinformation). Le rapport encourage également l’expérimentation de technologies émergentes comme l’IA et la création de makerspaces.

5. Développement des compétences et réseautage

Le document plaide pour un investissement accru dans la formation professionnelle continue et offre des pistes pour :

  • Accéder aux financements européens (comme Erasmus+ ou Europe Créative) pour soutenir la mobilité du personnel, le partage de connaissances et les projets transfrontaliers.
  • Renforcer les réseaux professionnels régionaux, nationaux et européens pour rompre l’isolement, particulièrement pour les petites bibliothèques.

Enfin, le rapport propose la création d’une boîte à outils de développement des bibliothèques comprenant des questions de dialogue stratégique pour faciliter les échanges entre les professionnels et leurs partenaires communautaires

L’intégralité du document dessous

Ce rapport a été rédigé par un groupe d’experts de la Méthode Ouverte de Coordination (MOC), mandaté en 2023 par le Conseil de l’Union européenne.

Voici les précisions sur les personnes et entités impliquées dans sa création :

  • Auteurs principaux : Le groupe est composé de 36 experts issus de 25 États membres de l’UE, ainsi que de pays non membres (Géorgie, Islande, Moldavie, Norvège, Suisse, Turquie, Ukraine et Royaume-Uni).
  • Équipe de coordination : Elle est dirigée par Arnaud Pasquali (coordinateur principal), accompagné de George Parry-Jones et Florence Baeke.
  • Coprésidents du groupe : Klaas Gommers et Stuart Hamilton.
  • Éditeur : Le document est publié par l’Office des publications de l’Union européenne et les droits d’auteur appartiennent à l’Union européenne (2026).

Le rapport contient également un avant-propos signé par Roxana Mînzatu (Vice-présidente exécutive de la Commission européenne) et Glenn Micallef (Commissaire européen à la culture).

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