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Partager Cette exposition est la première en France à mettre en évidence le rôle important de nombreux artistes et auteurs juifs dans la bande dessinée. Articulée en cinq chapitres, l'expo, qui rassemble quelque 230 dessins ou planches originales, débute en 1900-1910 à New York, où les artistes juifs décrivent la condition des immigrants confrontés à "la métropole dévorante".
Suivent les super-héros de l'entre-deux-guerres, qui voit naître Superman (1938) de l'imagination de Jerry Siegel. "De Superman au Chat du rabbin" fait une large place aux pionniers du comic book, les magazines de BD américains des années 1940-50, dans lesquels nombre de dessinateurs européens ont appris le métier. A voir notamment, des dessins originaux de Will Eisner, qui raconte la vie de la communauté du Bronx ou de Brooklyn dans ses "comics" et plus tard ses romans graphiques. Après la Seconde Guerre mondiale, les verrous sautent et les auteurs américains se lancent dans la contestation.... C'est le grand défouloir des années "Mad" , magazine loufoque créé en 1952 par Harvey Kurtzman . Robert Crumb accompagne ensuite le mouvement pour les droits civiques et la libération sexuelle aux Etats-Unis, avec son "Fritz le chat" (1968), crade et libidineux, et ses "Horribles obsessions" de 1972. Mémoire juive toujours avec Art Spiegleman, qui donne en 1985 l'un des chefs-d'oeuvre de la BD avec la série "Maus" , dans laquelle il raconte l'histoire de son père rescapé des camps de la mort.
Un cinquième chapitre rappelle les apports des Européens à la "diaspora des bulles": les Italiens Hugo Pratt, qui truffe ses récits d'allusion au judaïsme, et Vittorio Giardino, dont le héros est un juif français dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale. Peu de place en revanche pour Marcel Gotlib -dont le père a été déporté à Buchenwald-, qui a raconté dans "Chanson aigre-douce" son enfance au temps de l'Occupation. Bibliofrance © Flammarion 1987 Spiegelman
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